Trottinette électrique-vélo : la difficile cohabitation à Nancy

Trottinette électrique-vélo : la difficile cohabitation à Nancy

Stéphane Orru a, depuis deux ans, choisi le statut d’autoentrepreneur. À Nancy, il est l’ambassadeur de trois marques de trottinettes et scooter électrique. Engins qu’il utilise en famille et au quotidien.

Lorsqu’il évoque son bijou technologique, c’est avec la passion chevillée au corps. Stéphane Orru en a même fait une activité complémentaire, convaincu qu’il est par l’alternative que constitue la trottinette électrique. Mais la cohabitation avec les piétons et les cyclistes n’est pas toujours simple, les coups de gueule sont nombreux… Alors qu’une bonne dose de civisme pourrait suffire. « Qu’on le veuille ou non, depuis deux ans, la demande est très forte sur les trottinettes. On a les gens qui en ont marre de payer le stationnement en ville, ceux qui veulent limiter les coûts, toujours plus importants, de leurs voitures et les troisièmes qui ne veulent plus aller à Nancy en voiture. Clairement, la trottinette électrique n’est plus simplement un loisir, on va travailler avec, notamment. Là, il y a deux cas. Celui où les personnes font tout le trajet domicile-travail et celui où ils font les derniers kilomètres avec leur engin après avoir garé la voiture en périphérie ou une fois descendus du bus. »

Un phénomène qui fait néanmoins grincer quelques dents. À tel point que la future loi sur la mobilité passe pour être très restrictive pour ces usagers.

Cohabitation compliquée

« L’autre jour, en écoutant la radio, j’ai bondi ! Un cycliste voulait limiter la vitesse des trottinettes électriques… Régulièrement, je me fais doubler par des vélos filant à près de 40 km/h ! En fait, on les dérange, tout simplement. L’autre jour, on était, avec ma femme et ma fille, chacun sur notre trottinette sur une piste cyclable, en promenade. On s’est fait enguirlander, pour ne pas dire autre chose, parce que l’on ne roulait pas assez vite ! C’est aussi pour ça que j’ai acheté une remorque pour mon chien, pour éviter les prises de tête ! » fulmine Stéphane Orru. Du coup, Jazz, le labrador chocolat, profite des virées familiales, accompagnée de Stéphanie et d’Eloïse, confortablement installé… Même si les débuts ont été laborieux.

Toujours est-il que son maître poursuit son « combat » au quotidien. « Hormis les cyclistes, et je ne parle même pas des livreurs de plats à emporter qui ne respectent rien, je ne me suis jamais pris la tête avec qui que ce soit. Il y a un réel manque de tolérance. Si une trottinette percute un piéton, on va en faire toute une affaire, pas si c’est un vélo. On a l’impression d’être les victimes d’une chasse aux sorcières. Pourtant, dès que je circule sur la chaussée, en milieu urbain, j’ai mon casque et mon éclairage. » Et les trottoirs, dans tout ça ? « Je crains que la loi sur la mobilité interdise la circulation sur les trottoirs non seulement pour les trottinettes mais aussi pour les roues gyroscopiques. Ce qui risque de nous imposer une carte grise et que sais-je encore ? Alors qu’un peu de civisme et de savoir vivre suffiraient. Il faudra que la loi impose les mêmes contraintes pour tous, notamment aux cyclistes qui roulent aussi vite que nous, et sur les trottoirs ! »

Loi ou pas loi, même en bannissant les voitures des centres-villes, il restera encore du chemin à faire avant qu’une cohabitation sereine se mette en place !

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