Quels sont les critères pour choisir un vélo de route électrique

Quels sont les critères pour choisir un vélo de route électrique

Dans une motorisation de VAE, et pour ne pas trop compliquer les choses, il y a quelques paramètres importants à considerer : le type de moteur, le nombre de modes d’assistance, le couple, le niveau d’assistance maximum, la capacité de la batterie, le bruit généré par le moteur, le type de batterie, le découplage du moteur, et la cadence de fonctionnement optimal.

Qu’est ce qui fait un bon moteur pour un cycliste qui veut un peu d’aide au pédalage ?

1. L’assistance :

Généralement, trois modes sont à la disposition du cycliste que nous qualifierons avec les noms de baptême génériques d’Eco, Sport et Turbo. Ces noms parlent d’eux-mêmes et correspondent au niveau d’assistance (puissance additionnelle à celle fournie par le cycliste) apportée par le moteur. Certains modèles sont sophistiqués et possèdent des capteurs de puissance. Bien entendu, la puissance fournie a des conséquences sur l’autonomie de la batterie et donc la distance ou le dénivelé que vous pourrez parcourir en une seule charge.

La cadence est un facteur important de l’efficacité du moteur, et nombre de cyclistes n’ont pas conscience de la façon optimale de pédaler avec un moteur électrique. Pour la plupart d’entre eux, cette cadence se situe entre 75 et 100 tours de pédale par minute, renseignez-vous donc avant de faire votre choix, car si vous n’êtes pas un cycliste expérimenté, il est parfois compliqué de tenir des cadences de 85/90 tours par minute, notamment dans les ascensions. Du moins cela nécessite quelques adaptations. En cela, le E-bike Motion est plus permissif que la plupart des autres.

Dernier point enfin, la législation limite la vitesse d’un vélo à assistance électrique à 25 km/h (+/- 10%). Certains moteurs permettent une transition presque transparente alors que d’autres ne sont pas aussi subtils.

2. Le poids général du vélo :

Dans ce domaine, une marque tient le haut du pavé, il s’agit de E-bike Motion, dont le moteur est logé dans le moyeu de la roue arrière et qui détient le record de légèreté, puisque des vélo équipés de cette motorisation naviguent (pour ceux dotés d’un équipement haut de gamme) entre 10 et 11 kg. Oui, oui, vous avez bien lu. Au siècle dernier, ces vélos n’auraient pas été ridicules face à des machines 100 % musculaires.

Le moteur n’est pas le seul responsable du poids, la batterie joue un rôle très important de ce point de vue aussi, c’est pour cette raison que les capacités des batteries sont généralement limitées et ne dépassent que rarement les 250 w/h, même si la plupart des systèmes permettent de remplacer celle-ci par une batterie de rechange (mais sac à dos obligatoire et cela ne fait pas très “cycliste”) ou d’assister la batterie principale lorsque cette dernière n’est pas amovible par une batterie qui se loge dans un bidon et se connecte au système par câble.

Pour conclure, si vous faites partie des cyclistes qui ne veulent une assistance que pour un coup de main lors des ascensions et désirant pédaler sans assistance dans les faux-plats ou sur le plat, fuyez les machines au-dessus de 15 kg, car elles vous obligeront à laisser le moteur en permanence actif.

3. Le comportement dynamique du vélo :

Vous êtes cycliste de longue date, et avez un bon coup de guidon, comme on dit dans le jargon du métier. Vous aimez un vélo sain, qui même si victime d’un peu d’inertie, ne vous donne pas l’impression de faire une séance d’haltères pour le balancer de droite à gauche lorsque vous relancez ou vous lorsque vous vous mettez en danseuse. Pas plus que vous ne voulez rattraper des trajectoires “aléatoires” en descente sinueuse. Il est donc important dans ces conditions de choisir une machine dont le centre de gravité sera placé assez bas et central pour obtenir ce comportement et ce pilotage naturel. À masse équivalente entre deux vélos, celui dont le poids de l’ensemble moteur-batterie sera centré autour de la boite de pédalier aura la meilleure agilité. Pour juger et comparer, si vous n’avez pas la possibilité d’essayer le vélo sur la durée, des exercices de maniabilité à petite vitesse sur un parking devraient déjà vous donner une petite idée, tout comme le lâcher de guidon.

4. Les commandes de l’assistance :

Plus ces dernières sont visibles, accessibles et manipulables automatiquement ou mieux encore sans quitter la route des yeux, mieux c’est. À ce titre, un boitier de commande déporté sur le guidon permettra de conserver les deux mains sur le poste de pilotage, alors que des commandes intégrées sur le tube supérieur obligeront le cycliste à lâcher une main, et souvent à baisser les yeux. Double risque…

La plupart du temps, les commandes offrent également une lecture de l’autonomie restante de la batterie. Attention cependant, car à l’instar de nombreux appareil électroniques, les barrettes ou les pourcentages indiqués, semble descendre plus rapidement lors des derniers 50 % que lors des premiers.

5. L’autonomie :

C’est un point essentiel pour les utilisateurs de vélos à assistance électrique. Soyons clairs, ne vous attendez pas à avoir une autonomie qui vous évite de recharger après chaque utilisation. Ou alors, c’est que vous ne roulez pas beaucoup. Si c’est le cas, il y aura bien meilleur choix pour vous qu’un vélo de route sportif à assistance électrique.

Les autonomies proposées vont de 250W/h pour Fazua et E-bike Motion à un peu plus de 600W/h pour certains modèles Bosh, et même 720W/h pour BH. Shimano se situant entre les deux avec 500 w/h. Specialized, de son côté, a opté pour une batterie de 320 w/h qui tout comme E-bike Motion peut être secondée par une batterie additionnelle qui se place dans un porte-bidon offrant 250 w/h supplémentaires.

Si vous êtes un cycliste qui a opté pour un vélo à assistance électrique pour une aide intermittente, comme par exemple dans les ascensions les plus difficiles, avec de telles capacités vous pouvez aller très, très loin. Il m’est personnellement arrivé de faire près de 250 km et 3500 m de D+ sur parcours vallonnés avec une seule charge de 250 w/h. Si en revanche vous êtes plutôt sur un parcours alpin, avec des cols où vous êtes en permanence en prise sur des pentes de 8 % et plus, ne vous attendez pas à faire plus de 2500 m de D+. Ces conditions sont gourmandes en énergie… sans moteur aussi d’ailleurs !

6. L’esthétique :

Epineux sujet que celui-ci. Oui, avouons-le, nous cyclistes aimons les belles choses, celles qui en appellent à nos sens. Nous aimons tourner la tête pour nous admirer dans les vitrines, nous aimons nous complimenter sur nos machines, nous aimons montrer nos jambes veinées comme les pattes d’un pur-sang, nous aimons porter du “S” alors que nous taillons du “M”.

Nous sommes chanceux car ces dernières années, les verrues énergétiques ont disparu de nos machines électrifiées. Exit les blocs popularisés par Bosch et clipsés sur le tube diagonal qui vous montraient du doigt. La batterie est désormais intégrée. Les tubes diagonaux font montre d’un tour de taille un poil plus généreux, mais visuellement acceptable.

Si toutefois vous cherchez la plus grande discrétion possible et n’assumez encore pas complètement le petit coup de boost, votre champion sera le E-bike Motion avec son moteur intégré dans le moyeu de la roue arrière, uniquement décelable par les “suceurs de roue”. Nous nous rapprochons des canons de beauté généralement admis.

7. La connectivité :

Certains systèmes offrent quelques bonus. Des applications par exemple permettant de paramétrer l’assistance en fonction de critères personnels. Specialized, BH ou Shimano par exemple offrent la possibilité de choisir à la fois la puissance maximale délivrée et le pourcentage d’assistance délivré en plus de votre puissance musculaire. Vous pouvez par exemple personnaliser votre moteur pour que celui-ci ne fournisse pas plus de 50 % de puissance additionnelle, avec une limite max de puissance que vous fixez vous même. Si vous roulez avec une puissance musculaire de 100 watts, le moteur vous rajoutera 50 watts. Si en revanche, vous roulez en fournissant 150 watts, le moteur vous assistera avec 75 watts de plus, pour un total de 225 watts. Mais si en revanche vous avez réglé le moteur pour ne pas aller au delà de 200 watts d’assistance, celui-ci ne vous fournira pas les 75 watts, mais juste 50 watts.

Les réglages sont infinis et offrent de belles possibilités pour ceux qui désirent utiliser le vélo comme outil d’entrainement. Pour ceux qui parmi vous ont moins de velléités de progression, mais veulent plus de tranquillité d’esprit, il est également possible de rentrer le parcours dans l’application et de laisser l’assistance se gérer automatiquement pour être sûr de ne pas se retrouver en “cale sèche” avant le retour à la maison, qui bien entendu se trouve au sommet d’une belle bosse.

Du côté de E-bike Motion, il est possible de connecter l’assistance au cardio-fréquencemètre et de régler l’intervention et le niveau de l’assistance en fonction de la fréquence cardiaque. Là encore une fonction intéressante pour mieux contrôler son effort, que cela soit pour l’athlète en recherche de progression, ou pour le cycliste ne désirant pas dépasser des seuils d’effort importants pour raisons médicales.

Shimano enfin, avec son système STEPS E8000 offre l’intégration avec les commandes Di2. Il est donc possible de commander le moteur et l’assistance à partir des commandes de frein et de changement de vitesses, ce qui en fait, sinon le plus intégré visuellement, le plus intégré d’un point de vue technologique.

8. Demain :

Nous n’en sommes qu’aux balbutiement du vélo à assistance électrique et ces machines vont devenir de plus en plus sophistiquées. Les paramètres mécaniques, électroniques, bio-mécaniques et physiologiques seront bientôt complètement pris en compte par l’intelligence artificielle des systèmes. Certains y verront une raison de se mettre au vélo, d’autres rejetteront ces évolutions. Elles seront cependant inéluctables, feront de notre sport une pratique moins exclusive, et l’on ne peut que s’en réjouir.

Le lexique du VAE

  • Watts

Il s’agit de la puissance que fournit le moteur. On parle des mêmes watts pour exprimer la puissance que fournit le cycliste. Avec un moteur de 250 watts, un cycliste en forme, capable de fournir une puissance de 250 watts sur une heure peut théoriquement rivaliser avec un pro sur une ascension de col en fournissant 500 watts en cumulant sa puissance avec celle du moteur.

  • Watts/heure

Il s’agit de la capacité de la batterie, en vulgarisant, de la taille du réservoir. Les capacités vont de 250W/h à 720W/h, plus la possibilité de s’équiper de batteries additionnelles.

  • Couple

Plus technique, la valeur de couple va déterminer la puissance mécanique du moteur, elle se quantifie en newtons/mètres. Là cela devient technique… mais sachez que plus le couple sera élevé, plus le moteur sera puissant. Imaginez la différence de puissance ressentie par un moteur Diesel en comparaison à un moteur essence, en particulier à bas régime.

  • Niveau d’Assistance

Les types d’assistance à votre disposition. Généralement au nombre de trois, parfois complétés par une assistance à la marche à côté du vélo. Ces niveaux sont commandés par une console, soit positionnée au guidon, soit intégrée au cadre, ou encore intégrés dans les commandes traditionnelles de changement de vitesses.

  • Autonomie

Selon les marques, cette dernière est exprimée en kilomètres ou en dénivelé.

  • Cadence optimale

Il s’agit de la fenêtre optimale de rendement du moteur exprimée en nombre de tours de pédale par minute. Comme pour les moteurs de voiture, il existe une zone de fonctionnement optimale pour laquelle le moteur donne son plein rendement sans trop se fatiguer.

  • Temps de charge

Souvent ignoré, ce critère indique le temps de recharge de votre batterie. Ce critère est important si vous désirez voyager au long cours avec votre vélo. La plupart des chargeurs proposent un temps de charge de 3 h à 3 h 30 pour une charge complète de 0 à 100 %, certains sont parvenus à abaisser cette durée à 2 h 30 environ. À noter que la charge de 0 à 80 % prend généralement à peine plus que la moitié du temps requis pour le 0 à 100 %.

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