Vélo électrique : le Cowboy belge débarque en France

Vélo électrique : le Cowboy belge débarque en France

Cowboy est un vélo électrique connecté qui a été conçu par des anciens de Take Eat Easy. Véritable concentré de technologie, Cowboy a tout pour séduire les passionnés du vélo électrique. Facile à manier, il dispose de 70 kilomètres d’autonomie et peut être connecté à un smartphone via une application. Cette dernière peut servir de GPS et peut même aider à localiser le vélo en cas de vol. Elle avertit l’utilisateur quand des maintenances doivent être effectuées. Cowboy coûte 1 900 euros et est disponible en pré-commande pour une livraison en juin prochain. Découvrez également le mini-bus du futur en Finlande.

Conçu à Bruxelles et vendu en ligne, ce vélo innovant veut changer la donne sur ce marché en plein boom.

Il s’appelle Cowboy. Un nom orignal pour un vélo à assistance électrique (VAE) qui ne l’est pas moins. Conçu par des entrepreneurs belges, le Cowboy veut faire oublier l’image des VAE « lourds, moches et chers », dixit Adrien Roose, le PDG de l’entreprise. La société créée en 2017 s’est donc attelée à concevoir un vélo innovant, léger (16 kg), au look séduisant, tout en maintenant un rapport qualité/prix attractif (1990 euros).

Jusqu’ici commercialisé uniquement en Belgique, le Cowboy est distribué à partir de ce vendredi dans trois autres pays : la France, l’Allemagne et les Pays-Bas. Alors que le marché du VAE est en pleine croissance, cette stratégie d’expansion est rendue possible par une récente levée de 10 millions d’euros pour la start-up, fondée par d’anciens dirigeants de Take Eat Easy, une société de livraison de repas aujourd’hui disparue.

Un vélo plein de « boost » mais confortable

Que vaut cette monture ? Nous avons pu tester le Cowboy pendant deux jours dans les rues de Paris. L’engin connecté se déverrouille via une appli pour smartphone. Un tracker GPS permet de le localiser à tout moment, et de le retrouver en cas de vol. Hormis ces spécificités électroniques, le Cowboy reste par ailleurs très sobre dans sa conception et son utilisation. Il n’a pas de dérailleur, c’est l’assistance électrique qui se charge de proposer automatiquement le niveau d’effort le plus adapté. Pour la transmission, une courroie remplace la chaîne, ce qui évite de se salir avec de la graisse et rend l’entretien plus facile.

Les éclairages du Cowboy sont intégrés dans le cadre et s’allument d’un simple clic. Petit plus : la lumière rouge du feu arrière s’intensifie lorsqu’on freine ! Et les freins à disques hydrauliques sont particulièrement réactifs et puissants.

Une fois en selle, le Cowboy propose un bon compromis entre dynamisme et confort. L’assistance électrique est très réactive au démarrage, puis s’adapte progressivement, ce qui estompe l’effet « frein moteur » présent sur de nombreux VAE. Le mode « boost » offre un surplus de puissance intéressant pour s’extraire des carrefours dangereux ou attaquer une rue en pente. Malgré son tempérament nerveux, le Cowboy reste stable et confortable grâce à des pneus de bon gabarit (42 mm).

Le Cowboy se montre par ailleurs très maniable, car le poids de la batterie amovible (2,4 kg) – d’une autonomie de 70 km – et celui du moteur sont concentrés dans l’axe de la selle et la roue arrière. La roue avant reste ainsi facile à soulever et manœuvrer.

Design et fonctionnalités

De prime abord, le Cowboy adopte un look qu’on n’a pas l’habitude de voir sur des vélos de ville. C’est clairement un engin à deux roues typé VTT, avec son guidon droit, son cadre haut et sa selle effilée. On est assez loin de ce que peut faire VanMoof, tout en courbes, mais le Cowboy garde ces tons très sombres qui semblent être à la mode sur cette génération de VAE qui essaie de se démarquer.

La batterie, amovible, est visible à l’arrière du cadre, mais elle est suffisamment bien intégrée pour ne pas jurer avec l’ensemble. On aime beaucoup cet effort. Comme souvent en revanche, le vélo est grand : il faudra faire plus de 1 m 70 pour en profiter. La taille moyenne d’une femme en France étant d’1m65, cela risque de réserver le produit à un public majoritairement masculin.

En faisant le tour du propriétaire, on remarque immédiatement des pédales larges, les freins disques hydrauliques, les immenses phares à LED à l’avant et à l’arrière, la courroie de transmission préférée à une chaîne et des pneus qui brillent par leur… texture. En effet, on se retrouve avec des pneus entièrement lisses qui semblent adaptés à un paysage urbain, mais dénotent un peu avec le look tout terrain du vélo. Quelques finitions semblent avoir été laissées de côté : on pense aux boucles de serrage en plastique sur l’arrière du véhicule qui tiennent les câbles du moteur et les vis pour ajuster la selle qui ne sont pas à l’endroit indiqué dans le manuel. On a d’ailleurs l’impression que le vélo et son application compagnon ont été bien changés après le tirage — nous y reviendrons.

Bien entendu, on remarque très vite le moteur à l’arrière, relié par la courroie au bloc pédales. Ce vélo à vitesse unique fait une seule promesse à ses utilisateurs et utilisatrices : les assister intelligemment dans leurs trajets quotidiens. Pour cela, Cowboy a installé un capteur de couple et ajuste la puissance du moteur « intelligemment » selon la situation. Par exemple, un démarrage partant de 0 km/h aura un gros boost et une descente sera sans boost. Risqué, car le vélo a plutôt intérêt à savoir ce que veut vraiment l’utilisateur.

Enfin, 21e siècle oblige, Cowboy vend autant son vélo que son app. Ne le cachons pas : pour nous, c’est un véritable problème, philosophique avant d’être fonctionnel. En effet, le Cowboy ne démarre et ne s’arrête que grâce à l’app liée. Smartphone en rade de batterie ? Smartphone volé ? Bluetooth qui bug ? Vous n’allumerez pas votre vélo et il faudra faire avancer 16 kg d’aluminium, sans vitesse, à la force des jambes. Et même si, oui, en 2019, un smartphone est toujours dans notre poche, peut-on imaginer un instant la situation où Cowboy mettrait la clef sous la porte et ne maintiendrait plus son app ? On se retrouve avec les mêmes problématiques que sur un gadget à quelques dizaines d’euros, mais avec un moyen de transport à plusieurs milliers.

Vous aurez la décision finale, mais il faut être conscient de cette limite bien réelle avant de craquer pour un Cowboy, qui n’a pas pensé à intégrer un bouton mécanique de secours.

Au rang des regrets, on peut également noter l’absence de béquille (qui a besoin de stabiliser son vélo à peu près partout ? TOUT LE MONDE, voilà qui), de sonnette, de système de sécurité intégré ou de garde-boue, au nom du design. Tant pis pour les flaques.

Intelligence très artificielle

La première prise de contact avec le Cowboy, équipé pour l’occasion d’un des meilleurs accessoires vélo du monde, est agréable. On lance l’application, elle se connecte en quelques secondes au vélo, on déverrouille et on fait quelques tours de pédale pour sentir, immédiatement, le vélo qui vient donner sa puissance moteur aux tours de roue. Cela avance bien et on file assez vite à une vitesse de croisière entre 25 et 30 km. Pour rester dans le cadre de la loi, le moteur n’accompagne qu’à cette limite.

On se met alors sur le bas côté pour préparer un vrai trajet et les limites de l’app sautent aux yeux. Déjà, elle ne correspond pas à celle mise en avant dans le guide, qui a l’air bien mieux. Très rigide à l’usage, elle propose des trajets intelligents avec un GPS qui s’avère complètement inutile. La partie carte n’occupe en effet qu’une moitié de l’écran et il est impossible de toucher ou zoomer sur cette partie. Résultat, la flèche qui représente notre vélo masque presque tout le temps la rue qu’on doit prendre : on ne sait jamais laquelle choisir quand on doit tourner par exemple.

En Bref…

Le Cowboy est une belle promesse, un beau vélo, mais qui, durant notre expérience, a pêché par excès de confiance. Entre les pannes inexpliquées du moteur, le manque d’accessoire, l’application qui est loin de celle promise dans le livret, l’obligation de passer par un smartphone et le moteur intelligent qui ne l’est pas toujours, difficile de faire du Cowboy un moyen de transport.

Cela reste néanmoins un vélo élégant et malin par bien des aspects, équipé de composants robustes et jouissif à utiliser quand toutes les conditions sont réunies et que les déplacements relèvent du loisir. À chaque client de voir si cela mérite 2 000 €.

Premières livraisons en juin

Le VAE belge est pour l’instant disponible à la pré-commande uniquement via le site du constructeur. Les vélos sont ensuite expédiés à domicile, à partir du mois de juin. Des tests sont possibles sur demande, toujours via le site. La marque dispose par ailleurs d’un réseau de vélocistes agréés pour s’occuper de l’entretien et de la maintenance.

« Le potentiel de croissance du marché du vélo électrique en France est considérable. Nous prévoyons d’ailleurs l’ouverture d’un magasin vitrine à Paris cette année », annonce le PDG Adrien Roose. Le marché français du VAE est un véritable eldorado, avec une hausse des ventes de 90 % en 2017. En Europe, il représente désormais 40 % du chiffre d’affaires des ventes totales de vélos.

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