La trottinette électrique, longtemps perçue comme une simple solution de mobilité urbaine ponctuelle, s’impose désormais comme un acteur incontournable des déplacements quotidiens en France. L’enquête nationale réalisée fin 2023 par l’ADEME, en collaboration avec le ministère des transports, le CEREMA et l’ONISR, apporte un éclairage inédit sur les usages et les profils des utilisateurs de trottinettes électriques personnelles et en libre-service. Grâce à la participation de plus de 2 500 répondants, cette étude approfondie livre des données révélatrices, remettant en question de nombreuses idées reçues et dessinant les contours d’un marché en pleine évolution. Loin d’être cantonnée aux centres-villes, la trottinette s’affirme comme un vecteur de mobilité électrique flexible, adapté aussi bien aux zones rurales qu’aux zones périurbaines. Ces résultats clés offrent une base solide pour mieux comprendre ces engins de déplacement personnel motorisé (EDPM) et éclairer les futures politiques publiques.
Au-delà des chiffres, ce panorama comprend aussi des enseignements sur les motivations profondes qui poussent les usagers vers la trottinette électrique, ainsi que les freins rencontrés au quotidien comme l’exposition aux intempéries et le déficit d’infrastructures adaptées. Par ailleurs, la part significative des trajets substitués à la voiture personnelle et aux transports en commun souligne l’impact environnemental positif de ce mode de transport électrique, d’autant plus qu’il gagne du terrain comme solution alternative sur des trajets longs, dépassant fréquemment les 4 kilomètres. Parmi les préoccupations majeures, la question de la sécurité reste centrale et la qualité du réseau routier apparaît comme un facteur clé dans la prévention des accidents. Cette enquête nationale offre donc une analyse fine éclairant le développement de la trottinette électrique et son intégration dans le paysage de la mobilité urbaine et interurbaine en 2026.
Mobilité électrique et usage étendu de la trottinette : résultats et enjeux territoriaux
L’enquête nationale sur la trottinette met en lumière un phénomène majeur : la trottinette électrique personnelle ne se limite pas aux trajets urbains courts. Contrairement à l’image souvent véhiculée, plus de 51% des propriétaires résident en banlieue ou en zones rurales, témoignant de l’élargissement considérable de l’usage des EDPM. Ce chiffre traduit une révolution silencieuse dans la manière dont les Français envisagent leur mobilité. Ce n’est plus un simple objet du dernier kilomètre ; il devient un vrai moyen de transport pour des trajets plus longs, allant parfois au-delà de 10 kilomètres. Près de 60% des voyageurs indiquent que leur dernier déplacement excédait 4 kilomètres, tandis que 14% ont même réalisé un trajet de plus de 10 kilomètres.
Ces données suggèrent que la trottinette élargit l’horizon de la micromobilité en dehors des centres-villes saturés, offrant aux habitants des périphéries une alternative pratique face à la voiture, souvent indispensable. Cette extension crée des perspectives industrielles et politiques inédites, notamment sur l’accès de ces engins aux voiries hors agglomération où aujourd’hui leur usage est très restreint. L’autorisation de circuler dans ces zones augmenterait significativement l’attractivité et la pertinence de la trottinette électrique, transformant la mobilité personnelle et décarbonant les trajets intermédiaires qui manquent cruellement de transport public.
L’impact d’une telle mesure ne se limite pas aux seuls usagers : il contribuerait à la réduction de l’empreinte carbone nationale en limitant la dépendance au véhicule thermique pour des trajets moyens. Ainsi, la mobilité douce prendrait un nouvel essor dans des territoires souvent délaissés par les infrastructures de transport conventionnelles. En ce sens, l’usage actuel des trottinettes capture un potentiel immense à exploiter pour une politique écologique ambitieuse, encore aujourd’hui trop concentrée sur les milieux urbains denses. L’enquête éclaire par ailleurs la préférence des utilisateurs pour des modèles adaptés à des trajets plus longs comme la Segway Max G3 E ou la Segway F3 Pro E, qui allient autonomie et confort sur plus de 60 km.

Trottinette et transition écologique : quel impact sur les comportements de mobilité ?
L’enquête met en avant une contribution significative de la trottinette électrique dans la transition vers des modes de transport plus propres. Dans près de 32% des déplacements, la trottinette a remplacé la voiture, ce chiffre établissant clairement le rôle de cette solution dans la réduction du trafic routier motorisé. Cette substitution est d’autant plus remarquable que, parmi les autres alternatives délaissées, seuls 15% des usagers ont substitué un vélo et 14% la marche à la trottinette. Les trajets en transports en commun sont délaissés dans 20% des cas, ce qui soulève des questions quant à la complémentarité ou la compétition entre ces modes.
L’usage renforcé de la trottinette pour remplacer la voiture personnelle alimente un discours optimiste sur la capacité des EDPM à modifier les comportements individuels en faveur de la mobilité durable. Dans un contexte où les collectivités locales s’engagent à réduire les émissions de gaz à effet de serre, la donnée selon laquelle un cinquième des déplacements trottinette écartent la voiture à moteur thermique est un indicateur clé. Cela invite à promouvoir davantage cet usage dans les politiques de mobilité urbaine et rural, et à créer un cadre clair favorisant ce changement.
Par ailleurs, cet engouement s’accompagne d’une prise de conscience de la praticité et du gain de temps : 55% des répondants valorisent la praticité tandis que 50% évoquent un réel avantage en termes de rapidité par rapport aux modes traditionnels. L’aspect ludique, mentionné par 32%, vient enrichir cette dimension utilitaire en renforçant l’adhésion spontanée. Les modèles comme la trottinette Kingsong KS E1, par exemple, séduisent par leur agilité et légèreté, renforçant l’image d’un transport non seulement efficace mais aussi plaisant.
La sécurité, un enjeu central dans l’usage quotidien des trottinettes électriques
La sécurité des usagers est au cœur des débats autour de la mobilité en EDPM. L’enquête révèle que près de 41% des accidents sont attribués au mauvais état de la chaussée, soulignant un enjeu fondamental : la qualité des infrastructures influe directement sur la sécurité des usagers. Parmi les incidents recensés, 60% n’impliquaient aucun tiers, ce qui met en lumière aussi bien des problématiques liées aux infrastructures que des comportements individuels. Seuls 13% des accidents ont nécessité une consultation hospitalière, un chiffre qui tempère quelque peu l’image d’une trottinette dangereuse.
Cette réalité s’accompagne d’une évolution positive des pratiques des usagers. Environ 70% des conducteurs portent régulièrement un casque, malgré l’absence d’obligation en zones urbaines, ce qui montre une prise de conscience accrue. Cependant, les équipements réfléchissants demeurent sous-utilisés, avec seulement 25% des usagers adoptant ces dispositifs pourtant essentiels pour la visibilité, notamment la nuit. L’enjeu de la sensibilisation reste donc entier pour une amélioration continue de la sécurité.
Le renouvellement des infrastructures, avec des pistes cyclables bien pensées et sécurisées, constitue une priorité identifiée par les utilisateurs. Ce point rejoint les attentes exprimées pour améliorer la pratique, diminuer les accidents et sécuriser un nombre croissant d’usagers dans un contexte où l’augmentation des parcours en trottinette est indéniable. Enfin, cette enquête souligne que la formation et l’expérience jouent un rôle protecteur : les utilisateurs plus âgés et expérimentés présentent une probabilité plus faible d’être impliqués dans des accidents. L’accent sur la formation apparaît donc comme une piste prometteuse.
Profil des utilisateurs et disparités de genre dans la pratique des trottinettes électriques
Les résultats de l’enquête confirment un déséquilibre notable dans la répartition des utilisateurs selon le genre. Aujourd’hui, 79% des utilisateurs sont des hommes, ce qui soulève des questions sur l’accessibilité et la diversité dans cette forme de mobilité. Pourtant, la trottinette électrique offre un potentiel non négligeable pour renforcer la sécurité et l’autonomie des femmes, notamment lors des déplacements nocturnes, en comparaison aux transports publics ou à la marche.
Promouvoir une plus grande mixité serait bénéfique non seulement pour l’émancipation dans l’espace urbain mais aussi pour élargir la portée de la mobilité douce. Les avantages en termes de rapidité, de flexibilité et de sentiment de sécurité peuvent clairement répondre aux besoins spécifiques de certaines populations. Des campagnes de sensibilisation et des infrastructures adaptées pourraient faciliter cette évolution.
Par ailleurs, le profil type des utilisateurs révèle une fréquentation régulière : 84% d’entre eux se déplacent au moins une fois par semaine avec leur trottinette personnelle, plus de la moitié l’utilisant quotidiennement. Là encore, le déplacement domicile-travail est le motif principal, évoqué par 72% des propriétaires, suivi des déplacements à des rendez-vous personnels (54%).
Freins et perspectives d’évolution pour la trottinette électrique : infrastructures et équipements indispensables
Malgré les progrès indéniables, plusieurs freins limitent encore l’adoption massive de la trottinette électrique comme mode de transport privilégié. Les réponses à l’enquête signalent en première place l’exposition aux intempéries (57%), un obstacle naturel difficile à contourner. Mais plus surprenant, le manque d’infrastructures adaptées demeure un point noir majeur, mentionné par 51% des répondants. Cette carence entrave la sécurité et le confort, freinant l’envie d’abandonner la voiture pour ces trajets de proximité.
Pour répondre à ces attentes, un développement renforcé des pistes cyclables sécurisées et des zones de circulation dédiées se présente comme une condition sine qua non. Parallèlement, les utilisateurs montrent une vigilance accrue sur leur équipement personnel. Le port du casque, déjà répandu, est un bon signe, mais l’adoption d’équipements réfléchissants reste insuffisante malgré l’existence d’options innovantes sur le marché.
L’assurance obligatoire, essentielle mais encore méconnue ou négligée, concerne aujourd’hui 68% des propriétaires ayant déclaré cette couverture. C’est une donnée capitale, car en cas d’accident, les conséquences juridiques et financières peuvent être lourdes. Sensibiliser davantage sur ces aspects reste donc une priorité pour sécuriser la pratique.
Des boutiques spécialisées comme Urban Elec proposent non seulement des réparations mais aussi des contrôles techniques réguliers, indispensables pour maintenir un bon état de fonctionnement et garantir la sécurité. De même, les modèles proposant un double système de freinage, comme la Segway ZT3 Pro E, incarnent la montée en gamme des trottinettes adaptées au quotidien des utilisateurs exigeants.
En 2026, la densification des réseaux et la professionnalisation de l’offre autour de la trottinette électrique augurent d’un avenir prometteur où la mobilité urbaine et périurbaine s’articulera davantage autour d’une approche intégrée, durable et sécurisée.











